L’observatoire implanté sur le Pic du Midi a été créé à la fin du 19e siècle. L’observatoire astronomique est un haut lieu d’observation et de recherche. La météorologie puis l’astronomie ont été les principales motivations de la création de cet observatoire. Il a été le lieu d’invention et de mise au point du premier coronographe mondial par Bernard Lyot dans les années 1930. L’astronomie est encore à l’heure actuelle le domaine d’investigations scientifiques le plus important au pic du Midi. L’observatoire est rattaché à l’Observatoire Midi-Pyrénées. C’est une UFR de l’université Paul-Sabatier (Toulouse III). Depuis 135 ans, chercheurs et techniciens de l’espace y scrutent la galaxie à la recherche de phénomènes célestes inconnus. L’observatoire est un bien scientifique (station scientifique et observatoire de haute montagne) qui en situation géographique contrainte et climat d’altitude n’a cessé d’évoluer au cours du temps, depuis ses origines à la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Cette évolution permanente constitue un défi quand à la construction d’un dossier UNESCO car les traces historiques de l’observatoire ont pour la plupart été effacées par la construction de nouveaux bâtiments. L’utilisation d’outils de modélisations et de visualisation numériques pour mettre en évidence les traces des états passés de l’observatoire dans son architecture actuelle peut s’avérer être un atout majeur au dossier de candidature de l’observatoire à l’UNESCO.

Pourquoi étudier le Pic du Midi ?

Le Pic-du-Midi offre la particularité d’un usage ininterrompu en tant qu’observatoire, depuis le tout début du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, où il offre toujours la possibilité de travaux astronomiques professionnels et amateurs. C’est à ce titre un exemple rare de site scientifique de haute montagne ayant connu une succession d’évolutions structurelles et technologiques sur un espace contraint et limité. Si le site d’observation lui-même a connu une succession d’états destinés à des usages astronomiques, de télécommunication puis de tourisme, l’environnement naturel immédiat, les paysages environnants et le ciel nocturne ont gardé une qualité et une intégrités absolument remarquables, en faisant un archétype du paysage culturel à caractère scientifique en haute montagne.

Quel lien entre ReSeed et le Pic du Midi ?

Rentrant dans une démarche de labellisation patrimoniale, l’objectif de l’équipe ANR ReSeed est de démontrer comme le numérique peut aider à justifier la valeur patrimoniale du site : tant du point de vue de son intégrité que de son authenticité. Le numérique étant par définition même, la production d’éléments discrets, les critères patrimoniaux sont alors autant de paradigmes à résoudre car ne pouvant être matérialisés. En partenariat avec la régie du Pic du Midi, ce lieu unique est devenu l’un des objets de patrimoine choisi pour expérimenter les méthodes et les outils du projet ANR.

Quelle méthodologie scientifique ? Numérisation 3D et base de données

Une première phase d’étude en 2017 a consisté à créer une base de données retraçant l’ensemble de l’historique des bâtiments. En effet le lieu évoluant en fonction des besoins des chercheurs il est très difficile de définir si tel pierre date de 1900 et sa voisine de 1950 🙂

Puis 3 campagnes de numérisation 3D par lasergrammétrie in-situ ont permis d’obtenir des vus partielles en 3D de l’intérieur et l’extérieur du site. La maquette à échelle qui est exposé dans le musée a également été numérisée en photogrammatérie afin de pouvoir être confronté au site à échelle 1:1; Pourquoi partielles ? Car les puissances de calculs sont trop faibles pour permettre un alignement parfait de l’ensemble des modèles numérisés.

Prototype Unity3D

Grâce aux premiers relevés 3D, afin de démontrer l’interactivité possible entre un modèle virtuel physique et sa base de données, un prototype a été réalisé sous Unity3D. Grâce à des sliders il est possible de faire évoluer le site du Pic du Midi au cours du temps.